
ENS des serres de Tsaquarello
Sous les bouquets de saules, le sol gorgé d’eau porte des touffes de molinies et de joncs. Par endroits, d’épaisses mousses tapissent le sol. La tourbière de Payrac abrite des plantes et des insectes spécifiques dont la drosera - plante carnivore - est l’une des plus singulière. En quelques pas le promeneur passe d’un milieu humide à un milieu sec, d’un espace clos à un dôme ouvert sur le lac du Laouzas… un condensé de patrimoines !
Les 11 patrimoines à découvrir

La lande - CD81
FloreLa lande de Lauseta
Lauséta (prononcez « laouséto ») est le nom occitan de l’alouette, qui niche au sol dans les landes ouvertes. Par temps calme et pas trop chaud, vous l’entendrez chanter haut dans le ciel, le plus souvent sans la voir.
Le recul de l’agriculture traditionnelle et les plantations de résineux ont fait régresser les landes qui peuplaient les sommets du Lacaunais. Cette lande de la Lauseta et celle voisine de Tsaquarello sont donc précieuses, elles représentent l’ensemble de landes le plus vaste des Monts de Lacaune.
Ces milieux naturels ont une végétation composée d’espèces adaptées à la vie sur des sols granitiques de très faible épaisseur, à faible capacité de rétention d’eau. Sur les sols les plus squelettiques, cette végétation est dominée par des Éricacées, Callune et Bruyère cendrée ; sur les sols plus profonds, elle est dominée par la Fougère aigle.
Lou biais - CD81
Savoir-faireLou Biais
Des animations estivales (fin aout) permettent de mettre en musique, les éléments bâtis, la Nature et l’intelligence manuelle, la « débrouille » (« Lou Biais ») dont ont fait preuve les habitants des Monts de Lacaune au fil des siècles pour pallier à la rigueur du climat et aux difficultés des tâches du quotidien.

Une Tourbière - CD81
FloreLa tourbière
La sagne du Besset est un type de zone humide que l’on rencontre souvent dans les monts de Lacaune. Nous sommes ici sur “le château d’eau du département, le rôle de ces milieux dans la régulation des débits des cours d’eaux est aussi important que la richesse des espèces qu’ils accueillent. Malheureusement ces espaces, s’ils ne sont pas entretenus, sont voués à disparaître sous l’effet des ligneux (saules et autres espèces pionnières) les remplacent peu à peu, laissant place à la forêt ... Ce sont de véritables "éponges" jouant un rôle régulateur dans le cycle de l'eau. Ces milieux étaient méconnus, voire ignorés. Ils sont aujourd'hui l'objet d'enjeux nouveaux. Les amateurs de la Nature peuvent y découvrir un écosystème original. Ce sont des milieux saturés d'eau, très pauvres en éléments nutritifs, extrêmement froids en hiver. Ils abritent une flore et une faune rare comme la linaigrette, le narthécium ossifrage, le magnifique trèfle d'eau et la drosera ; cette plante carnivore qui fleurit début juillet capture de petits insectes ; sans les protéines de ceux-ci, elle ne pourrait survivre. Le lézard vivipare, la couleuvre à collier vivent aussi dans ces sagnes.

La statue menhir - CD81
ArchéologieLa statue menhir
Cette magnifique statue-menhir a été découverte au printemps 2005, dans le champ situé juste au-dessous. C’est une statue masculine dont on voit l'objet (ainsi dénommé par les archéologues, symbole allongé précurseur des sceptres). Elle est en granite local.
Les formes sont moins marquées que sur celles qui ont été sculptées dans les grés rouges du permien aveyronnais. Ce genre de statue comporte un visage, deux bras qui tiennent l'objet, une arme et une ceinture à boucle surmontant deux jambes accolées prolongées par des orteils.
Ces vestiges datent de la fin du néolithique, soit environ 4500 ans en arrière (à 500 ans près). Il reste encore beaucoup à découvrir sur la signification de ces mégalithes. Les auteurs pensent qu'il s'agit de monuments à caractère symbolique ou religieux. Les monuments funéraires étaient les dolmens.

La maison de Payrac - CD81
PatrimoineLa maison de Payrac
La maison de Payrac est un témoignage, un héritage du passé à laquelle une poignée de bénévoles passionnés a su redonner vie. Datant de 1822 cette ferme d’élevage à trois niveaux est aujourd’hui un lieu de rassemblement pour tous ceux qui allient amour de la pierre, milieux naturels et produits du terroir. Chaque année de très nombreux visiteurs se pressent autour d’activités diverses comme le sciage et le façonnage de bois à l’aide d’une ancienne machine à vapeur, mais aussi à travers les gestes quotidiens de nos ancêtres : du fauchage des épis à la cuisson au four ancien...

Une mare forestière - CD81
FauneLa mare forestière
Cette mare forestière en zone boisée de petite taille est comme souvent, de création artificielle.
L’ombrage est un élément qui conditionne le faciès de cette mare : une faible luminosité réduit le développement de la flore sur les berges et de la végétation aquatique. Du fait de l’accumulation des feuilles des arbres et de divers débris végétaux cette mare est riche en matière organique et a un grand intérêt pour certaines espèces inféodées à ce type de milieu : amphibiens, salamandres, libellules... Les berges en pentes douces augmentent les possibilités d’implantation des végétaux inféodés aux zones humides, siège d’une biodiversité remarquable.

La Jasse - CD81
PatrimoineLa Jasse, un témoin du passé
Il n’y a dans le Lacaunais et l’Espinouse pas de vestiges concentrés qui permettent de dire comment étaient construits et organisés les habitats archéologiques des populations néolithiques (période où l’homme s’est sédentarisé).
Une statue-menhir a été trouvée à côté de la maison de Payrac, ce qui a incité à rechercher ce à quoi pouvait ressembler un habitat local fait vraisemblablement avec les matériaux locaux.
La Jasse de Payrac est un « témoignage » de construction le plus traditionnel parvenu jusqu’à nous. Christian Servelle, l’un des spécialistes de la période néolithique dans le Midi de la France, est venu sur place pour nous informer sur les techniques employées par les hommes préhistoriques vivant à l’époque des statues-menhirs en Languedoc.
Cette Jasse de Payrac a été restaurée il y a une vingtaine d’années. Elle date de plus de deux siècles. Cette construction est sur deux niveaux :
Un premier niveau avec une voûte arrondie en pierres sèches (en partie conservée) encastrée dans la colline après avoir déblayé les arènes granitiques (sabel). Elle offre une protection remarquable face aux intempéries.
L’expert indique que les voûtes arrondies sont anciennes. On est sûr qu’existaient au Néolithique des voûtes en encorbellement en liaison avec l’apparition et le développement du mégalithisme en Europe occidentale. Voir en particulier le cairn de Barnenez, Cne de Plouezoc’h, en Bretagne, datant de 4500 à 4000 ans avant notre ère. Dans ce cas de figure, les dallettes sont toutes en position horizontale, celle du dessus dépassant de peu celle du dessous, vers l’intérieur.
Par contre, les voûtes clavées, caractérisées par la forte variation de l’inclinaison des dallettes : horizontales au bas, puis de plus en plus inclinées en progressant vers le haut, pour être verticales au sommet, sont manifestement d’époque plus récente (cf celle de Payrac).
Un deuxième niveau surmonté d’une toiture en genêts. A partir d’une charpente peu complexe à réaliser (tissage d’un réseau de branches de hêtre, sur lequel on insère des genêts purgatifs (réguerguès), sur lesquels des genêts à balai non putrescibles sont piqués. Sur la cime de la toiture sont posées des mottes de terre avec un réseau dense de racines offrant une grande étanchéité.
L’expert a validé la construction possible au Néolithique de toits équipés de chevrons sur lesquels reposent des branches de hêtre entrelacées, sous réserve de la présence de genêts. Ce qui est possible, bien que cette plante n’apparaisse pas dans les diagrammes issus des analyses polliniques réalisées à partir de prélèvements effectués dans les tourbières des Monts de Lacaune et du massif de l’Agout, au sein de niveaux d’âge protohistorique.
L’hypothèse émise n’est pas une preuve, mais une démarche déductive sur ce qu’il était possible de faire localement au Néolithique : voûte en encorbellement insérée dans des arènes granitiques dégagées à flanc de coteau, surmontée d’un toit peut être en genêts.
Un pesquier - CD81
Savoir-faireLa pesquier
Le Pesquier de Payrac livre un témoignage précieux sur les usages de l’eau autrefois... Mettant à profit les sources, ces petites retenues d’eau creusées à la pioche au pied des versants permettaient un arrosage gravitaire grâce à un écoulement contrôlé par des rigoles – bezals ou béals-.
L’aménagement de digue constituait la principale difficulté. Généralement, il s’agissait de terre boueuse compactée au milieu de deux constructions en pierre, le tout percé par le goulet d’écoulement. Ce dernier était souvent constitué d’un tronc d’arbre foré en son centre, dans le sens de sa longueur. L’eau y pénétrait par un orifice vertical fermé par une bonde. Ces points d’eau constituent souvent un biotope idéal pour une faune rare et protégée comme le triton marbré, le triton palmé, la salamandre ou le crapaud accoucheur.
Busard cendré - Christian Aussaguel LPO
FauneLes busards
Parmi les hôtes des landes à ajoncs, fougères, bruyères ou genêts, il en est deux de remarquables par leur envergure, la couleur du plumage ou leur vol ondulant et souple épousant à peu de hauteur le relief de la végétation : le Busard Saint-Martin (Circus cyaneus) et le Busard cendré (Circus pygargus), souvent confondus, car ces 2 rapaces diurnes ont vols, allures, mœurs et régime alimentaire similaires. Les femelles ayant un plumage brun rayé et les mâles ayant un plumage à dominante gris cendré, voire blanc ou bleuâtre (et noir au bout des ailes) qui leur ont valu en occitan le nom de Gòila (Gòira, Gòina) blanca, équivalent au français « Buse blanche » et que parfois des non-initiés, ont pris pour des mouettes !
Ce caractère permet de les repérer facilement en plus de leur silhouette en V ouvert, lorsque sans se lasser et d’un vol gracieux et léger, ils inspectent tous les lieux découverts à végétation peu élevée (landes, champs ou pâturages) en quête de lézards, insectes ou micromammifères (surtout campagnols). Après un ballet aérien spectaculaire où le mâle offre à la femelle une proie dont elle se saisit en se renversant, pattes tendues, la femelle dépose, dans une aire à terre en mai-juin, en moyenne 5 œufs qu’elle couve environ 5 semaines seule. Mais le mâle continuera à la nourrir avec des passes de proies en vol toujours aussi acrobatiques.
Bruyère cendrée et Callune - CD81
FloreBruyère cendrée et Callune
La Bruyère cendrée (Erica cinerea) fleurit au début de l’été. Ses tiges fines et rigides portent des feuilles groupées par trois, accompagnées le plus souvent, à leur aisselle, par un court rameau feuillé. Ces feuilles ressemblent à de fines aiguilles, mais elles seraient plus larges si leur limbe était déplié : leurs marges enroulées vers le dessous peuvent s’entrouvrir ou se refermer, et ainsi réguler les échanges gazeux avec l’atmosphère, ce qui limite les pertes d’eau en période de sècheresse. Ses fleurs ont quatre sépales violacés, lancéolés et étroits, appliqués à la corolle, et quatre pétales d’un rose franc, soudés en grelots presque fermés dont ne dépassent que les stigmates.
La Callune (Calluna vulgaris) fleurit en été. Ses tiges fines et rigides portent des paires de feuilles opposées, et chaque paire est décalée d’un quart de tour par rapport à ses voisines : les feuilles paraissent disposées sur quatre rangs étroitement imbriqués. Bien plus courtes que celles de la bruyère cendrée, les feuilles de la Callune ont aussi un limbe replié vers le dessous, dont les marges peuvent s’entrouvrir ou se refermer, régulant ainsi les pertes d’eau et les échanges gazeux avec l’atmosphère. Ses fleurs ont quatre sépales libres et quatre pétales non soudés, tous de couleur rose clair, formant une coupe mi-ouverte.
Table paysagère de Tsaquarello - CD81
Point de vueTable paysagère de Tsaquarello
Point de vue ...
Au cœur de la lande se dresse le tableau ...
Une fine aquarelle ponctuée des mots du paysage ...
Qui invite le passant à plonger son regard
dans le vaste décor champêtre qui s'étire devant lui,
vaste mosaïque inscrite dans les plis des reliefs ...
comme une incitation à un plaisir des yeux ...
Paysage ... issus du regard de chacun d'entre nous ...
image-expression vivante des lieux,
propice à la contemplation ...
et qui sollicite un esprit en mode sensible
si l'on souhaite, au delà du visuel,
s'abreuver de ses multiples facettes ...
de la palette des couleurs, des teintes et des nuances ...
des brumes mouvantes, de la course des nuages ...
de la fraîcheur de la bise, des effluves tièdes du vent du sud ...
des parfums subtils des parterres de fleurs ...
du ballet incessant des oiseaux ...
de la rumeur des troupeaux ...
Dans toutes ses dimensions, le paysage raconte, vit et palpite ...
Tsaquarello est un Espace Naturel Sensible ...
lieu-patrimoine, il nous convie à mettre tous nos sens en éveil ...
et ce sont les femmes et les hommes d'ici qui invitent à cette émotion ...
faisant-part de leur passion et du lien indéfectible à leur montagne.
Patrick URBANO
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